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RENCONTRES, ACTUALITÉS


Tournesol 2001 :une conjoncture favorable
et un progrès génétique prouvé.
Bénéficier d’atouts agronomiques reconnus et de rendement en croissance dans un
environnement économique favorable constitue une conjonction d’opportunités
exceptionnelle pour les producteurs de tournesol.

Le progrès génétique en action

Les importants progrès réalisés en matière de génétique sur le tournesol au cours de ces dernières décennies ont montré une nette accélération depuis
quelques années. Une expérimentation d’envergure nationale a permis de tester
20 variétés anciennes ou récentes dans toutes les conditions agronomiques.
Elle montre que le rendement s’est accru de 40 % depuis 30 ans et de 20 % entre les
deux dernières générations de variétés. Des essais spécifiques ont montré que ces nouvelles variétés sont aussi plus tolérantes aux maladies et à la verse. Le résultat de ces recherches est probant : malgré les vagues de maladies
successives que les agriculteurs ont dû affronter -mildiou, phomopsis, sclérotinia - le rendement moyen du tournesol s’est élevé à près de 27qh/ha en 2000.
Une tête de rotation de qualité

Comme l’ont montré les études du CETIOM, le tournesol apporte bien des avantages en tant que tête de rotation : augmentation du rendement de 10 à 20 % par rapport à la monoculture, diminution des maladies des céréales, simplification du désherbage et , d’une manière plus générale, robustesse accrue de la rotation, entraînant une meilleure régularité des résultats.


Crédit photo : Antoine Devouartd


Des opportunités économiques à exploiter en 2001


Le prix des graines résulte du cours de l’huile et de la protéine. Le prix de l’huile pourrait évoluer

favorablement du fait de la réduction de 30 % de la nouvelle récolte argentine – l’Argentine est le premier exportateur mondial – suite à de graves problèmes climatiques lors des semis.
Quant au prix du tourteau, celui-ci connaît une hausse sensible depuis près de deux ans en raisons de la demande mondiale en protéines. Il enregistre une nouvelle augmentation avec l’interdiction désormais européenne de l’incorporation de farines de viandes en alimentation du bétail. Par ailleurs, les nouveaux débouchés des huiles riches en acide oléique dans le secteur alimentaire comme non alimentaire permettent d’envisager de bien meilleures valorisations des graines.





Informations communiquées par l’AMSOL (Association des semenciers des oléoprotéagineux) et PROLEA (Filière française des huiles et protéines végétales).

Vers un optimisme raisonné
Interview de Xavier Belin Président de la FOP

Quel est l’avenir des protéines végétales aujourd’hui ?

A partir du moment où l’utilisation des protéines animales dans l’alimentation
animale, il va bien falloir se donner les moyens de développer la production de
protéines végétales dont nous sommes très largement déficitaires en Europe : nous importons 75 % de nos besoins !

Les conditions sont-elles réunies pour relancer la production d’oléagineux ?

Avec l’agenda 2000, la prime aux oléagineux a été alignée sur celle des céréales, et il n’existe plus de filet protecteur. Il n’est donc pas normal de bloquer les
surfaces comme cela en a été décidé dans les accords de Blair House.Il faut au contraire encourager la production d’oléoprotéagineux sinon les producteurs risquent de s’engager vers la monoculture de céréales qui est contraire à la volonté de maintenir une agriculture diversifiée et équilibrée. Sur le plan agronomique et sanitaire, on a également intérêt à favoriser la rotation des cultures.

La culture du tournesol est-elle vraiment rentable ?

Les résultats des trois dernières campagnes mettent en évidence une hausse constante des rendements et une bien meilleure résistance aux maladies telles que le mildiou et le phomopsis. A condition de s’en occuper, on peut obtenir de bons rendements aujourd’hui, tout particulièrement avec l’irrigation grâce à laquelle on peut espérer des rendements avoisinant voire dépassant les 30 q/ha. Et avec le déficit actuel de protéines végétales, les cours devraient s’avérer intéressants pour la prochaine campagne.
Les semis de printemps approchent, quels conseils donneriez-vous aux agriculteurs ?

Dans toutes les régions on s’aperçoit qu’il y a un gros retard dans les emblavements d’hiver à cause des mauvaises conditions climatiques. Les surfaces en sol nu sont importantes. Au moment des semis de printemps, le tournesol a donc une carte importante à jouer.