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Comment choisir sa prairie?

Plusieurs critères sont à considérer :

L’utilisation
L’utilisation qu’on attend d’une prairie est importante pour le choix des espèces et même des sous espèces qu’on va utiliser.

La pâture
Les plantes destinées à la pâture subissent de la part des animaux un sress permanent dû à la disparition du feuillage et aussi à l’écrasement par les sabots. Il vaut donc mieux
choisir des plantes à tallage très important qui permet aux plantes de repartir vigoureusement après le passage des animaux. Par conséquent, un ray grass anglais diploïde sera préféré au tétraploïde car son tallage est bien supérieur.
Le trèfle blanc, grâce à ses innombrables stolons est aussi idéal pour affronter la pâture.
De plus, comme chez le ray grass anglais ,une bonne partie du feuillage échappe à la dent de l'animal ce qui favorise des reprises très rapides de végétation.
Le dactyle et la fétuque élevée sont aussi de bons atouts pour la pâture en particulier grâce à leur tallage puissant.


L’ensilage

Les plantes destinée à l’ensilage doivent répondre à plusieurs critères de choix :

1 - Produire beaucoup sur une seule coupe
Un chantier d’ensilage coûte très cher, pour l’amortir au mieux, il est nécessaire de ne pas « promener » des ensileuses sur des champs peu productifs.

2 - Etre riche en sucres solubles

Certaines espèces sont naturellement riches en sucres solubles, ce qui contribue à la réussite de l’ensilage. D’autres le sont moins, elles nécessitent de prendre des précautions par acidification.(Dactyle, luzerne).
3 - Avoir un port dressé
Pour être correctement fauchée, une plante doit être très résistante à la verse et avoir un port naturel très dressé. Une plante couchée ou à port rampant entraîne des coupes basses et favorise les remontées de terre, celles ci sont à l’origine des pourritures butyriques dans le silo et sont aussi le vecteur de la listeria.
Le meilleur choix : Ray grass d’Italie et hybrides. Ils sont sélectionnés pour répondre aux critères exposés ci dessus. On préfère le diploïde chez le ray grass d’Italie car il perd beaucoup moins de jus au silo. Le brome assure lui aussi de très grosses productions de printemps et son ensilage est excellent. Dans tous les cas, on veillera à ressuyer si possible pour éviter les jus (source de pertes).


Le foin

Les plantes à faner soit au printemps soit en été doivent elles aussi être choisies rigoureusement.
Un bon foin ne peut se faire que sur une plante de bonne qualité donc on évitera de faire des foins sur des premières coupes très avancées ( Les plantes épiées et pire encore, fleuries,
sont de très mauvaise qualité). L’idéal consiste donc à éviter les foins à proprement parler de printemps en les remplaçant par des ensilages ou des pâtures rapprochées, le foin ou regain se faisant alors sur des coupes estivales. De ce fait, les plantes idéales sont celles qui présentent deux aspects :
1 - Pouvoir pousser en été
2 - Donner un fourrage de bonne qualité.
Comme pour l’ensilage, il faut aussi veiller à avoir des plantes à port dressé.
Le choix se porte naturellement vers le dactyle et la luzerne qui sont les meilleurs choix
estivaux. De plus le dactyle qui n’épie qu’une fois ,donne en été des fourrages excellents.
Pour des bêtes à besoins modérés, on peut aussi faire de très bons foins de fétuque élevée.
Autres solutions, plus techniques : le brome qui pousse beaucoup sous la chaleur mais qui doit être conditionné deux fois car son séchage est difficile. Il en va de même avec le sorgho fourrager.

Les plantes qui poussent d’un seul coup avec un port très dressé conviennent à la fauche. Les plantes à port prostré et à pousse lente sont faites pour la pâture.

SPECIAL PÂTURE
SPECIAL FAUCHE
RAY-GRASS D'ITALIE
RAY-GRASS HYBRIDE
BROME
TRÈFLE VIOLET
RAY-GRASS ANGLAIS
DACTYLE
TRÈFLE BLANC

La durée

Le bon choix de l’espèce à choisir passe souvent par la durée qu’on attend de celle ci.

Pour une inter culture :
On entend par inter culture, une durée d’environ 6 mois, c’est à dire une culture installée après une céréale ou après un maïs, par exemple.

On utilise en général un colza fourrager pâturable à l’automne ou en cours d’hiver.
On utilise aussi énormément le ray-grass d’Italie. Dans ce cas, 2 possibilités se présentent :
 soit prendre un alternatif parfois appelé Westerwold lorsqu’il est de très courte durée,
 soit un RGI non alternatif que l’on prend pour une seule coupe.
L’expérimentation montre qu’il est toujours préférable d’utiliser un non alternatif tant que l’on sème assez précocement, par contre, en semis tardif (après un maïs récolté tardivement, par exemple -, on choisira alors obligatoirement un alternatif.

Dans tous les cas, les différences de rendements
obtenues par le bon choix seront de l’ordre de 10%.
On peut aussi, pour une culture estivale, semer un sorgho fourrager. Il faut pour cela disposer de beaucoup de chaleur.

Pour une culture de courte durée : 1 à 2 ans, le seul choix est le ray-grass d’Italie non alternatif. Dans tous les cas, il est recommandé de l’associer au trèfle violet qui enrichit la ration.

Pour 3 ans, on dispose du ray-grass hybride, lui aussi associable au trèfle violet. On peut aussi cultiver une luzerne.
Toutes ces plantes de durée assez courte sont plutôt faites pour être fauchées bien qu’elles supportent la pâture.

Au delà de 3 ans, on trouve les plantes pérennes.
 Le ray-grass anglais, bien entretenu dure environ 5 ans ainsi que le brome.
 Le dactyle dure environ 6 ans et la fétuque élevée plus longtemps encore.
 Le trèfle blanc associable à ces dernières espèces dure lui aussi très longtemps à condition d’effectuer les bons choix variétaux dès le départ.

En résumé les durées des prairies selon les espèces sont les suivantes :

RGI ALTERNATIF
6 mois à 1 an. SORGHO 6 mois
RGI NON ALTERNATIF
2 ans. COLZA 6 mois.
RAY-GRASS HYBRIDE
2,5 à 3 ans. LUZERNE 3 ans.
RAY-GRASS ANGLAIS 5 ans. TRÈFLE VIOLET 3 ans.
BROME 5 ans. TRÈFLE BLANC 5 ans.
DACTYLE 6 ans.  
FÉTUQUE ÉLEVÉE 6 ans et plus.

Le type de sol

Avant d’installer une prairie, il faut se poser un bon nombre de questions pour optimiser le résultat.
L’une des contraintes à laquelle on est exposé est celle du sol dont on dispose car si un certain nombre d’espèces conviennent à la plupart des sols, certaines doivent, pour s’extérioriser correctement, être implantées dans des sols particuliers.
Dans le cas général des sols frais, on peut partir de l’a priori que tout peut convenir, cependant, si ce sol frais devient mouillant en hiver, il sera déconseillé d’y cultiver du dactyle ou du brome. Le sol frais est idéal pour le ray grass anglais qui aime une ambiance humide pour produire en continu. Il convient aussi très bien pour le ray grass d’Italie qui peut y faire de très gros rendements au printemps.
Les sols séchants sont de plusieurs types, s’ils sont de type sableux ou très filtrants, ils faudra y mettre des dactyles ou des bromes qui sont les plantes qui supportent le mieux les grandes périodes sans eau. On peut aussi y cultiver la fétuque élevée.

Cette dernière convient aussi pour des sols plus argileux qui connaissent des alternances de sec et d’humide. Dans les régions méridionales, on peut y cultiver du sainfoin et plus au nord ou à l’ouest, de la luzerne.
Les sols humides sont plus limitants. Ils conviennent essentiellement à la fétuque élevée qui peut supporter sans dommage des inondations de 2 semaines. Dans ce cas, on choisira une variété tardive afin de pouvoir l’exploiter correctement au printemps. Dans les régions plus froides on peut aussi cultiver de la fétuque des prés ou de la fléole.
Il faut aussi considérer le pH du sol qui peut avoir une incidence.
Celle ci est notable avec la luzerne qui doit normalement se limiter aux pH basiques, il en va de même avec le sainfoin. Dans les autres cas, il vaut mieux remplacer la luzerne par des trèfles violets ou blancs qui eux conviennent même dans des sols très acides.
Les sols neutres ou un peu acides conviennent à toutes les autres grandes espèces.

sols sains • toutes les espèces
sols humides • fétuque élevée
• fétuque des prés
• fléole
sols secs • brome
• dactyle
• luzerne
• fétuque élevee
• sainfoin

Le climat

Le climat est déterminant pour choisir ses espèces fourragères. En effet, dans la vaste panoplie qui nous est offerte, certaines espèces ont une adaptabilité plus ou moins bonne à certains stress.

Climats océaniques
Sous les climats océaniques, on retrouve le plus gros de l’élevage laitier en France.
La plante idéale pour la pâture est le ray grass anglais. Celui ci doit être choisi dans les variétés les plus tardives pour la bonne raison qu’il démarre sa végétation très tôt puis ne produit plus que des feuilles jusqu’ au mois de juin, période à laquelle on peut facilement contrôler la montée des épis. Sa production globale est satisfaisante. Bien évidemment, on a avantage à l’associer à un trèfle blanc qui lui apporte l’azote dont il a besoin en plus d’une amélioration de la valeur alimentaire et de l’appétence.
Les besoins de stocks peuvent se réaliser avec des ray grass d’Italie, soit non alternatifs en cas de semis précoces, soit alternatifs en cas de semis très tardifs.
Sous ce même type de climat on peut aussi, dans les terres plus difficiles mettre de la fétuque élevée pour les bêtes à viande.

Climats océaniques à sécheresse estivale
Le ray grass anglais y reste souvent la base mais son arrêt estival en limite beaucoup la production. De ce fait, il faut envisager l’utilisation du dactyle sur les parcelles les plus séchantes, voire même la fétuque élevée qui convient aux génisses et aux taries .
On a avantage à faire des associations de ray grass d’Italie et de trèfle violet pour les stocks.
On peut aussi tirer un bon parti de la luzerne soit en pur soit associée au dactyle.

Climats continentaux froids et humides
Le ray grass anglais y est aussi la base mais, on le choisira chez les intermédiaires ou demi-tardifs qui donnent là du fourrage plus tôt.
Sur les parties les plus sèches, le dactyle donne de très bons résultats pour les stocks.
Dans les zones les plus humides, on peut ajouter la fétuque des prés au ray grass pour les laitières .
Le ray grass d’Italie ou le ray grass hybride sont de bons atouts pour l’ensilage. Sous ces climats, le ray grass hybride arrive facilement à produire pendant 3 années consécutives.

Climats froids puis chauds et secs
C’est le dactyle qui est la base de la prairie pour les laitières comme pour les bêtes à viande, grâce à son excellente résistance aux différents stress. Il fait la base de la pâture mais il assure aussi de bonnes performances en foins et regains.
Une autre bonne option est le brome sitchensis qui produit de très gros ensilages ainsi que des bonnes repousses Le ray grass d’Italie et le ray grass hybride dans les zones sèches sont aussi de bons choix pour les ensilages .
A condition de ne pas dépasser 800 m d’altitude, la fétuque élevée y est parfaite pour les animaux à viande.
Le sorgho fourrager peut donner de grosses productions estivales à condition qu’un minimum de pluie soit assuré.

Climats méridionaux

Le choix se limite très vite avec quelques espèces comme la luzerne ou même le sainfoin sur les sols arides. Le dactyle fait un fond de prairie (associable à la luzerne). On choisira des dactyles tardifs de préférence.
Les stocks peuvent là aussi se faire avec du ray grass d’Italie que l’on peut associer au trèfle violet .

Une autre solution est le sorgho fourrager qui à condition d’avoir un minimum d’eau peut donner de très fortes productions estivales.