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Les conseils par espèces
On peut avoir fixé par avance un choix sur une espèce.
Il faut en connaître les avantages et les inconvénients.

 

Les ray-grass d’Italie (RGI)
Les RGI quelle que soit leur durée ont pour point commun de s’installer très vite, de produire énormément au printemps (jusqu’à 80% du total annuel), de ne pas aimer la chaleur. Ils sont d’un port très dressé qui les destine essentiellement à la fauche. Ils sont de différents types : les Westerwolds durent 6 mois ; les alternatifs de 6 mois à 1 an et les non alternatifs environ 2 ans. Leur valeur alimentaire, avant épiaison est bonne.
 
Les ray-grass anglais (RGA)
En général, lorsqu’on dit ray-grass anglais, on pense à « roi de la pâture ». En fait, il y a de nombreux types de RGA et un
bon choix s’impose. Les types très précoces ressemblent plutôt à des RGI avec la pérennité en plus. Ils sont d’un port érigé et conviennent bien à la fauche. Ils sont plutôt très résistants à la sécheresse.

A l’opposé, les types tardifs et très tardifs ont un port prostré qui les destine à la pâture. Leur épiaison très tardive permet de disposer d’un fourrage
d’excellente qualité pendant très longtemps. Ils sont destinés aux climats océaniques. Il existe aussi des RGA intermédiaires ou demi-tardifs qui, grâce à un départ en végétation plus précoce conviennent mieux aux régions un peu plus froides, voire même, continentales. Ils réépient un peu plus que les tardifs et leur qualité en est un peu diminuée. Les RGA s’associent à merveille au trèfle blanc. La valeur alimentaire des RGA est excellente, en particulier chez les types tardifs et très tardifs.
Les ray-grass hybrides (RGH)
Ils sont le produit d’un croisement entre ray-grass d’Italie et anglais. On cherche en général à garder les qualités du RGI (grosse production) et trouver un peu plus de pérennité grâce au parent anglais. Bien adaptés à de gros ensilages, ils sont ensuite facilement pâturables. Leur valeur alimentaire est équivalente à celle des RGI.
 
 
Les festuloliums
Les festuloliums recouvrent de nombreux types de plantes, tout comme les ray-grass hybrides qui peuvent être très proches des ray-grass anglais ou, au contraire, des ray-grass d’Italie. Botaniquement parlant, les festuloliums sont le résultat de croisements entre une espèce de ray-grass et une espèce de fétuque. Comme il existe de nombreuses espèces de fétuques et de ray-grass, les croisements peuvent donc être extrêmement divers.
Il faut néanmoins savoir que ces croisements sont très instables et qu’ils sont généralement stériles. De ce fait, trouver un festulolium dans la nature est exceptionnel. Les croisements directs sont infructueux ; 40 ans de travaux en France n’ont pas réussi à produire une plante stable et fertile. C’est pourquoi, on recroise les festuloliums avec l’un des géniteurs afin de retrouver la fertilité (rétrocroisement). Très peu de variétés ont été créées à ce jour et la commercialisation vient juste de commencer.
Ce que l’on rechercher dans ce type de création, c’est garder les bons caractères des deux géniteurs : la rusticité et la pérennité de la fétuque associées à la valeur alimentaire et l’appétence du ray-grass.
 
Les dactyles
Les dactyles sont de différentes précocités. En France, on préfère les types tardifs beaucoup plus faciles à gérer au moment des épiaisons. Les dactyles sont à placer nécessairement dans des sols sains. Ils supportent les grandes chaleurs mais aussi le froid. Ils se pâturent sans problème et fournissent de très bonnes coupes de regains grâce à leur bonne pousse estivale. On peut les associer au trèfle blanc comme à la luzerne. Leur valeur alimentaire est bonne avec en particulier une forte teneur en protéines.
 
 
Les fétuques élevées
Les fétuques sont de précocités très différentes. Pour en avoir une bonne gestion, on les
choisira tardives. La fétuque est très productive et cela quel que soit le type de sol. Elle supporte également des inondations de 15 jours comme de longues périodes de sécheresse. Grâce à de bonnes pousses en été, elle peut faire de grosses coupes de foin. La fétuque est riche en sucres solubles et s’ensile donc facilement. La valeur alimentaire et l’appétence des fétuques ne sont pas extraordinaires aussi on les destinera plutôt aux taries ou aux génisses.

Les bromes
Ils sont de 2 types : les cathartiques, très peu utilisés en France et destinés aux régions océaniques et les sitchensis qui conviennent aux
régions froides. Dans tous les cas, il leur faut un sol très sain. Ils répondent très bien aux grosses fumures et peuvent alors produire de très grosses quantités d’un excellent fourrage. Les bromes tallent peu aussi on préfère les faucher.

Il est néanmoins possible de les pâturer moyennant de ne pas les faire trop raser. Riches en sucres solubles ils s’ensilent sans problèmes, ils peuvent également faire de bons regains à condition de les sécher assez longuement car leur tiges sont épaisses. Ils peuvent s’associer à la luzerne ou au trèfle violet. Leur valeur alimentaire est très bonne et leur appétence remarquable.

Les luzernes
Les luzernes pour l’élevage sont de plusieurs types : continentales ou flamandes et «Provence» ou méditerranéennes. Ces dernières ne sont adaptées qu’à la frange très méridionale de notre pays. Le flamandes aiment les sols sains à pH élevé. Elles sont très souvent associées à des dactyles et fournissent aussi bien de bonnes fauches pour le foin que des pâtures très appréciées des animaux. On fera attention à bien choisir des variétés améliorées contre le verticilium et résistantes aux nématodes des racines qui ravagent les luzernières. Leur valeur UF n’est pas exceptionnelle mais leur teneur en protéines est excellente.
 
Les trèfles violets
Les trèfles violets aiment les sols frais et peuvent produire abondamment avec de la chaleur. On les associe aux RGI et RGH dont ils augmentent la valeur alimentaire. De plus, ils bonifient le sol en azote. Ils sont riches en sucres solubles et leur valeur alimentaire est très bonne.

Les trèfles blancs
Les trèfles blancs sont de différents types botaniques : hollandicum ou ladino. Les hollandicum sont eux mêmes divisés en nains et intermédiaires alors que les ladino sont des géants. Ils conviennent à peu près à tous les types de sol bien que la
fraîcheur leur convienne mieux. En France, on les cultive en association, en particulier, avec les ray-grass anglais. Il est nécessaire de faire les bons choix lors de l’implantation. En effet, un nain associé à une graminée agressive va très vite disparaître, un géant associé à une graminée faible étouffera cette dernière. Le nain sera associé à un RGA exploité intensivement (pâture libre ou full graze), les géants conviendront aux associations avec des dactyles ou fétuques ainsi que avec des RGA que l’on prévoit de faucher. Les intermédiaires représentent le bon compromis et conviennent dans tous les cas où la pâture domine.
Sorgho fourrager
Les sorghos fourragers sont de deux types. Soit on a à faire à des Sudan grass de production modérée soit il s’agit d’ hybrides de Sudan grass et de sorgho nettement plus productifs.
Dans les deux cas, il s’agit de plantes d’origine sub tropicale qui ont besoin de beaucoup de chaleur pour s’implanter et pour pousser ensuite.
Ces plantes sont très sensibles au froid et disparaissent aux premières gelées. Par voie de conséquence, il s’agit d’annuelles de courte durée.

Il est préconisé de semer environ une semaine à 15 jours après les maïs pour bénéficier d’un départ rapide. La pousse est ensuite considérable et en trois coupes, il est possible d’atteindre 10 tonnes de Matière Sèche par ha.
On peut utiliser le sorgho en pâture à partir du moment où il a atteint 60 cm de hauteur.
Le faire pâturer avant présente un très gros danger d’intoxication par l’acide cyanhydrique. On peut aussi l’ensiler ou faire des foins. Dans ce dernier cas, il est recommandé de procéder à 2 conditionnements successifs pour favoriser le séchage.
La fumure doit être adaptée en conséquence avec environ 60 unités d’azote (N) pour chaque exploitation. La valeur alimentaire est modeste et proche de celle de la fétuque élevée (0,72 UF à l’épiaison).

Semis : 25 à 35 kg/ha.
Colza fourrager
Le colza fourrager est une plante de très courte durée, capable de fournir de grosses productions à des moments critiques.Semé en juillet-août, il est capable de donner plus de 4 tonnes de Matière Sèche 60 à 80 jours plus tard. Les variétés résistantes au froid peuvent, elles, être semées à l’automne pour donner du fourrage sur la fin de l’hiver. La valeur nutritive est bonne, elle est à 80 jours de 0,85 UF avec un très bon contenu en protéines (140 g de MAT).
L’utilisation la plus fréquente est en pâture. Celle ci doit se conduire au fil pour éviter le gaspillage. Le colza est un excellent et nécessaire complément du maïs car sa part dans la ration ne doit en aucun cas excéder 40% de celle ci. On peut aussi l’ensiler et dans ce cas, on veillera à bien le ressuyer pour éviter les pertes par jus. Il n’est pas nécessaire de tasser aussi fortement que les autres ensilages et pour les mêmes raisons.
La fumure azotée doit se situer autours de 60 unités d’azote (N). Bien entendu, elle doit tenir compte des teneurs dans le sol en sachant que le colza est un excellent piège à nitrates.

Semis : 10 kg/ha.