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Rendements,
prix et débouchés
Une culture rentable
Côté rendement,
cette année, le tournesol
s'est nettement distingué des autres cultures
avec, dans l'ensemble, de bonnes à d'excellentes performances.
On atteint, selon les régions,
largement les 30q/ha,
avec des pointes approchant les 40q/ha.
Côté rémunération,
ces volumes sont valorisés
par des niveaux de
prix
des graines tout à
fait remarquables, allant de 290 à près de
400€/t.
Un nouveau contexte qui, comme
pour les autres
matières premières agricoles,
semble être inscrit
dans la durée.
Côté débouchés,
jusqu'à maintenant principalement destiné aux
usages alimentaires, le
tournesol s'ouvre désormais progressivement
au marché non-alimentaire dont les iocarburants (plus de 100 000 hectares
de tournesol seront dédiés à cette utilisation en 2007
et 300 000 hectares seront nécessaires
dans 3 ans).
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Le
tournesol conventionnel doit conserver
une
bonne place en raison de son intérêt pour l'huile
alimentaire, mais aussi pour la margarine et
la mayonnaise.
Le tournesol oléique,
intéressant
à la fois les marchés alimentaire
et non-alimentaire,
occupe désormais 65%
des surfaces et s'inscrit
comme «une spécialité française
porteuse d'avenir».
Unanimement,
les agriculteurs reconnaissent
sa place indispensable à l'équilibre d'un assolement.
Dans le cadre de la suppression du
caractère obligatoire
de la jachère, le tournesol sera une tête de rotation
à privilégier
pour
la reprise des terres.
Rentable,
il l'est et peut le devenir encore plus!
On constate un fort gain de productivité lié
en particulier
au
progrès génétique. Améliorer
cette performance
au champ, c'est possible, à condition
d'actionner certains
leviers
techniques facilement accessibles comme
le choix de sols à potentiel, l'irrigation,
la maîtrise
du désherbage, les apports de bore,
la
qualité du semis. À la clé, ce
sont 150 à
200 euros de marge brute
en plus à gagner!
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Progrès
génétique
Viser les 30 à 35
quintaux par hectare |
Le
rendement est et reste
la première priorité
des sélectionneurs.
Les
résultats d'inscription montrent clairement que
les
progrès
sont continus
et réguliers.
Les variétés
d'aujourd'hui permettent
aux agriculteurs d'atteindre, dans
des conditions normales
de suivi et
de culture, régulièrement des
rendements de 30 à 35 quintaux par hectare. Lors de l'inscription,
il n'est pas rare d''atteindre des pointes de 40 à 45 quintaux
par hectare.
Ce potentiel s'est largement trouvé confirmé par des expérimentations
de progrès génétique qui montrent,
sur une période
de 30 ans, un gain de 1,3% de rendement par an soit 40% de gain par la génétique.
En
30 ans, et selon le potentiel de la parcelle, c'est donc
8 à 10
quintaux par hectare que la génétique amène.
De
quoi largement contribuer à la rentabilité de la
culture.
À noter
que ce gain apporté s'est réalisé
parallèlement à des progrès conséquents
en sécurité (verse,
phomopsis, sclérotinia bouton, feuille et même capitule)
tout en accompagnant les besoins impératifs des agriculteurs
et
du marché en tolérance au mildiou et en offre «high
oleic ».
Cela
n'a rien d'étonnant quand on sait que la France regroupe
80% du potentiel de recherche sur l'espèce.
C'est dire si les sélectionneurs y croient.
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Recherche
Pour renforcer la
compétitivité du tournesol |
PAROLE
D'AGRICULTEUR
Rolland CAPOT (9 hectares dans
le Lot-et-Garonne): «Le tournesol s'intègre bien dans ma rotation
(blé, tournesol, maïs, betterave porte graine).
Il libère
les
terres tôt et permet de les travailler dans de bonnes conditions,
surtout dans les argilo-calcaires.
C'est un bon précédent pour de
nombreuses cultures, le meilleur
pour le blé. Le tournesol pompe
énormément en profondeur et
laisse de bonnes structures de
terre. Sans irriguer, j'atteins facilement
les 29 q/ha. C'est une culture facile àmettre
en place avec
des coûts
de production faibles.
Vu les perspectives intéressantes
des prix des graines, pour 2008
je repartirai en tournesol avec des
surfaces équivalentes». |
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Tournesol
2010 est un projet de recherche touchant à
l'agronomie, la génétique, l'écophysiologie
et la pathologie, associant les acteurs de la recherche
publique et privée.
En concentrant 80% des moyens
européens sur son territoire, la
France est le coeur de la recherche génétique sur le tournesol
avec sept programmes de sélection conduits par des entreprises
semencières européennes. Cette
recherche intègre les marqueurs
moléculaires et travaille au quotidien la génétique oléique.
Mise en place en septembre 2006,
l'équipe «tournesol» de l'Inra de
Toulouse propose aussi des pistes porteuses d'avenir, en particulier sur
l'amélioration de la productivité avec l'élaboration
de modèles qui intègrent la tolérance
aux stress hydriques et thermiques. Sur le mildiou, de nouvelles
sources de résistance plus durables sont en cours d'identification.
Enfin, sur le phoma (une des causes du dessèchement précoce)
l'Inra essaye de repérer les conduites de culture qui favorisent
ou
non son développement avec un
niveau de résistance donné des
variétés. Prochainement, sur le
plan génétique, un travail sera
entrepris pour savoir si des sources de résistance peuvent être
utilisées
pour aider à lutter contre le
dessèchement. |
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Assolement
Les «BONUS» du
tournesol |
La
place du tournesol dans la rotation
des cultures et notamment
comme tête d'assolement
dans un complexe base
céréales apporte
de nombreux bénéfices :
• Le
tournesol libère tôt des sols propres,
sains, non déformés, non matraqués, améliorés
par le pivot racinaire. Ce qui favorise un semis précoce
et une meilleure implantation de la céréale qui
suit.
Le Cetiom évalue à 15 q/ha
l'avantage
d'une rotation tournesol / blé dur sur céréales /
blé dur.
• Le tournesol introduit une rupture de la flore adventice des
céréales (dicotylédones et graminées),
nettoie les sols et évite
le risque d'accoutumance aux
herbicides. Même constat au
niveau des protections parasitaires et fongicides. Cela permet
une économie sur les programmes de protection
pour
la céréale
suivante: réduction de doses,
retard ou retrait d'un passage,
utilisation de molécules moins
spécifiques;
• Le
tournesol valorise tous les
résidus azotés et minéraux grâce à son
système
racinaire en pivot. Il contribue à «dépolluer» la
culture précédente et ainsi à diminuer ses propres besoins
en azote;
• Le
tournesol est intéressant à introduire
dans une rotation avec
des cultures irriguées dans le cas
de restriction d'eau.
Les céréales à paille, de plus en
plus souvent irriguées, demandent deux à trois tours
d'eau selon
les régions (Centre et Est); le maïs
en reçoit souvent cinq; le tournesol peut se contenter de
seulement un à deux tours, ce qui
apporte 7 à 12q/ha de plus. L'introduction d'un
tournesol dans un assolement avec deux céréales à paille
et un maïs permet ainsi
d'économiser un tour et demi
d'eau sur une rotation.
• Une
rotation avec un tournesol équilibre les travaux entre
les cultures d'hiver et de printemps. Ainsi,
cela peut contribuer à une meilleure rentabilisation du
matériel.
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PAROLE
D'AGRICULTEUR
Michel BERJAUD (21 hectares en
Haute Garonne): «Sans irrigation, cette année, nos rendements
sont de 28 à 34q/ha selon les parcelles.
L'an prochain, je cultiverai
les mêmes surfaces de tournesol.
Le contexte favorable des prix,
les
perspectives de débouchés font
que nous devons amplifier le travail technique sur cette culture.
Nous attendons beaucoup de la
recherche dans le domaine variétal et des innovations en matière
de protection de la culture. L'amélioration du rendement passe aussi
par la réussite des semis, éviter le
travail simplifié, privilégier au
contraire une bonne qualité du travail du sol, faire aussi attention aux
rotations trop courtes, tous les quatre ans, c'est bien». |
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Rentabilité
LES CHIFFRES PARLENT D'EUX-MÊMES |
LE TOURNESOL CHEZ
CHRISTIAN CHARLES
• Surface: 48 ha de tournesol oléique
(débouchés alimentaires);
• Rendement: 34 q/ha;
• Charges cultures:
260 €/ha +45 €/ha
pour l'irrigation;
• Prix payé: 390 €/t
• Produit brut: 1326 €/ha
Christian Charles estime que
le tournesol en termes de
résultats économiques arrive
en tête de toutes ses cultures,
même par rapport aux céréales à paille (le blé tendre
d'hiver lui est payé 160 €/t et son
rendement est de 65 q/ha).
Mais la différence se fait aussi
au niveau des charges cultu-
res (en particulier avec le coût
élevé de l'azote sur le blé). |
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Christian
CHARLES, agriculteur en Charente-Maritime, témoigne:
«J'exploite seul 172 hectares sur terres
de groies à réserve
utile moyenne de l'ordre
de 70mm et je dois systématiquement
avoir
recours à l'irrigation pour mes cultures d'été.
Depuis maintenant 3 ans, j'ai fortement augmenté ma surface en tournesol
irrigué, principalement pour réduire mon temps
de travail et mieux gérer ma réserve d'eau. En 2007, j'ai
semé 48 hectares de tournesol, mais sur une année moyenne je suis
plutôt sur 30 à 35 hectares. J'obtiens un rendement moyen
de 36q/ha ces trois dernières années avec des irrigations
de 100 à 120 mm en 3 ou 4 apports.
Mes charges de culture sont de 260€/ha
aux quelles il faut ajouter 45 € pour l'irrigation.
Cette année, j'ai semé toute ma surface en variété oléique
(pour l'alimentaire)
pour mieux valoriser ma production que je pense vendre
sur la base de 390 €/tonne.
Dans ces conditions, et sur la base du rendement moyen de ces dernières
années,
je pense obtenir un produit brut de plus de 1326 €/ha auxquels
il faut bien sûr ajouter les DPU.
Globalement, en faisant plus de tournesol irrigué avec la mise en oeuvre
des DPU,
le différentiel
de prime avec le maïs irrigué est
fortement réduit et les rendements
que j'obtiens me procurent
une
bonne marge. C'est aussi dans mon cas une forte diminution de mon temps
de travail. » |
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Les
dix points à surveiller
Pour
maximiser potentiel et marge |
| RÉGION
SUD-SUD OUEST |
1 Limiter
le nombre de passages d'outils de reprise de sol pour éviter
les tassements qui pénaliseront l'alimentation en eau
et en sels minéraux;
2 Semer à partir de fin mars - début
avril en argilo-calcaires et mi-avril en boulbènes sur un
sol ressuyé :
65 000 à 70 000 graines/ha à une vitesse maximale de 5 km/h et à une
profondeur de 2 à 4 cm ;
3 Utiliser le programme de désherbage le
plus adapté aux adventices dominantes : un désherbage
insuffisant peut conduire à une perte dépassant les
cinq quintaux ;
4 Surveiller et traiter en préventif les
limaces si cela est nécessaire ;
5 Raisonner l'apport d'azote en utilisant la méthode
Héliotest: la bonne dose d'azote qui permet de produire le
nombre de graines suffisant et qui n'affecte pas la teneur en huile
;
6 Pas d'impasse sur la fumure de fond ;
7 Apporter systématiquementdu bore dans les
situations
à risque, en particulier les sols peu et moyennement profonds. Dans toutes
les situations à risque de carence
en bore, apporter du bore au semis (1200 g/ha) ou
en végétation dès 10 feuilles (300 à 500 g/ha).
8 Bien prendre en compte le risque de maladies :
choisir
des variétés PS à TPS au phomopsis et, dans les situations
à risque, PS au sclérotinia du collet. Intervenir si nécessaire
(selon avertissements agricoles etconseils de saison) avec un fongicide contre
le phomopsis ;
9 Irriguer est une réelle opportunité :
en sol superficiel,
2 à 3 tours d'eau (soit 60 à 90 mm) bien positionnés permettent
de gagner 5 à 7 q/ha selon les années ;
10 Récolter au bon stade: quand le dos du
capitule vire
du jaune au brun et que les feuilles de la base et du milieu de la tige sont
sèches.
Les feuilles hautes peuvent être encore vertes et les fleurons du capitule
tombent d'eux-mêmes. La tige devient beige claire.
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| Travail
du sol avant semis |
• Préférez
un travail profond (labour, chisel…) à un travail
superficiel (utilisable uniquementen sols très bien
structurés). Limitez le nombre de passages d'outils
pour éviter les tassements et les lissages et évitez
le
travail en conditions humides quitte à retarder un peu le semis.
• Matériel conseillé pour la reprise des sols : roues jumelées,
pneus semi basse (ou basse) pression.
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| L'irrigation
: une réelle opportunité |
• Les atouts sont importants (peu de volume requis, calendrier
des apports compatibles avec celui des autres cultures irriguées…).
• Un tournesol sans exubérance foliaire peutvaloriser 1 à 3
tours d'eau avec, le plus souvent, des apports positionnés à partir
de début floraison. Les gains de rendements obtenus avec des apports d'eau
modérés
peuvent atteindre les 5 à 7 q/ha en sols superficiels
et 3 à 6 q/ha
en sols profonds.
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| RÉGION
CENTRE-CENTRE EST |
1 Éviter
les tassements du sol au moment de la préparation du
lit de semences: l'alimentation ultérieure en eau et
en éléments minéraux en dépendent;
2 Contrôler correctement les mauvaises herbes:
un désherbage insuffisant peut conduire à une perte
de 2 quintaux;
3 Semer avantle 10 mai : au-delà, la récolte
est retardée et
c'est une perte de 3q/ha. Les risques de baisse de teneur
en acide oléique de l'huile augmentent sous l'impact des nuits fraîches
après la mi septembre;
4 Viser un peuplement régulier et éviter
les grands écartements de type «maïs».
Dans tous les cas, respectez 5 à 6 plantes au mètre
linéaire, sans toutefois viser moins de 50000 plantes par
ha pour les grands écartements;
5 Surveiller et traiter en préventif les
limaces si cela est nécessaire;
6 Raisonner l'apport d'azote: mettez en oeuvre
Héliotest: la bonne dose d'azote qui permet de produire
le nombre de graines suffisant et qui n'affecte pas la teneur en
huile;
7 Pas d'impasse sur la fumure de fond. Attention à la
grillure: le tournesol est sensible à la carence en bore;
8 Bien prendre en compte le risque de maladies:
le choix variétal TPS ou PS est primordial vis-à-vis
du phomopsis et du sclérotinia;
9 Un ou deux tours d'eau peuvent être valorisés
et faire gagner 8 quintaux;
10 Récolter au bon stade: quand le dos
du capitule vire du jaune au brun et que les feuilles de la base
et du milieu de la tige sontsèches.
Les feuilles hautes peuvent être encore vertes et les fleurons
du capitule tombent d'eux-mêmes. La tige devient beige claire.
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| Les
apports de bore |
• Le tournesol est assez exigeanten bore. Le symptôme
de la déficience se traduit par une grillure à la
base du limbe entre les nervures. On réduit la surface
de feuilles vertes nécessaire au remplissage des graines
(poids et richesse en huile). En cas de carence grave, on peut
observer des crevasses transversales au sommetde la tige. Elles
pourront conduire à la rupture du capitule. La perte
peut être
de 1 à 2q/ha.
• Sur sols argilo calcaires, en rotations courtes, pensez à un apport
de bore.
• Il estencore possible d‘intervenir en végétation (300 à 500g
de bore).
• Un gain de plusieurs quintaux està la clé (2 à 10q/ha
pour les cas les plus sévères).
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| L'irrigation:
une pratique trop peu fréquente |
Les atouts sont importants (peu de volume requis, calendrier des apports compatibles
avec celui des autres cultures irriguées…). Lorsqu'on observe
un bon équilibre entre l'appareil végétatif et le
capitule (pas d'exubérance foliaire), le tournesol peut valoriser
un ou deux tours d'eau.
On interviendra plutôt en post floraison. Ce sont en moyenne 8q/ha de mieux
et deux points d'huile en plus : l'occasion d'augmenter la
marge de 200 euros.
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