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Tournesol : faites le pari sur l’avenir !

Culture jusqu’ici principalement destinée aux usages alimentaires, le tournesol s'ouvre progressivement au marché des biocarburants. Plus de 100 000 ha seront ainsi dédiés à cette utilisation en 2007 et c’est 300 000 ha qui seront nécessaires dans 3 ans. Grâce à ces débouchés, c’est aujourd’hui la nouvelle donne de la rentabilité de la culture qu’il faut examiner : elle passe à la fois par une politique de prix de la graine incitative, mais aussi par une expression du potentiel génétique permis par les variétés actuelles, pour peu que l’on retrouve un minimum de technicité pour cette production.


Des débouchés qui se diversifient .....

Initialement dévolus principalement à l’alimentaire, les débouchés se diversifient vers les usages industriels. Pour ce faire, la part du tournesol oléique (dont l’indice d’iode est adapté à l’estérification) va croissante. Cette production assure à la fois des débouchés vers le biodiesel, mais aussi vers les usages alimentaires au travers des huiles recomposées (type Isio 4). Le tournesol oléique ouvre également des perspectives en matière de bio-lubrifiants.

Le tournesol conventionnel conservera une place en raison de son intérêt pour l’huile alimentaire, mais aussi pour la margarine.

Une palette de débouchés pour le marché Français pour dynamiser le marché


Des prix plus incitatifs
Le prix des graines de tournesol est une composante essentielle de la rentabilité de la culture. Il s’est bien redressé ces dernières semaines et les cours de juin 2007 sont toujours à la hausse. Le tournesol oléique produit sous contrat avec la filière à des fins de biodiesel est aujourd’hui rémunéré sur la base colza. Cette rémunération est encore rendue plus attractive par l’accès à l’ACE (45 € /ha) pour les cultures hors jachères dédiées aux biocarburants. En ce qui concerne les autres usages du tournesol oléique, le prix de base est doté d’une prime incitative. Enfin rappelons que la mesure agro-environnementale de diversifications des assolements (dite « MAE rotationnelle » qui incite les producteurs à diversifier leur assolement) est également accessible pour peu que l’assolement de l’année soit enrichi d’une 4 ème culture : le tournesol est alors un bon candidat ! Les modalités de reconduction de cette mesure pour 2007 sont en cours.

Des progrès génétiques à valoriser .....
Le saviez-vous ?
En concentrant 80 % des moyens européens sur son territoire, la France est le coeur de la recherche génétique sur le tournesol avec 7 programmes de sélection. Cette sélection met à disposition des agriculteurs une trentaine de variétés nouvelles chaque année.


Gain de rendement en grain : + 1,3 % par an depuis 30 ans

L’obtention de hauts rendements se fait aujourd’hui avec plus de sécurité.

Des progrès très sensibles ont été réalisés en maladies et maintenant 70 % des variétés disponibles à la vente sont TPS phomopsis et PS sclerotinia capitule. Le risque de verse a été divisé par 4.


De la génétique performante à la disposition des agriculteurs
Les progrès continuent en variété classique. La conversion vers des variétés oléiques est en cours. Il existe déjà une offre conséquente qui va s’amplifier dans les prochaines années. La génétique mise à la disposition des agriculteurs est performante et se traduit par un choix très large de variétés adaptées aux conditions locales, à la précocité, aux conduites culturales, aux réserves en eau disponibles et aux débouchés de graines. Avec des rendements potentiels supérieurs à 35-40 quintaux par hectare, ces variétés peuvent contribuer efficacement à la compétitivité de la culture.

Quelques règles simples à respecter pour optimiser le potentiel
et la marge
• Eviter les tassements du sol au moment de la préparation du lit de semences : l’alimentation ultérieure en eau et en éléments minéraux en dépendent !
• Contrôler correctement les mauvaises herbes : un désherbage insuffisant peut conduire à une perte de 2 quintaux.
• Semer avant le 10 mai : au delà, la récolte est retardée et c’est une perte de 3 q/ha. Les risques de baisse de teneur en acide oléique de l’huile augmentent sous l’impact des nuits fraîches après la mi -septembre.
• Viser un peuplement régulier et éviter les grands écartements de type « maïs ». Dans tous les cas, respectez 5 à 6 plantes au mètre linéaire, sans toutefois viser moins de 50.000 plantes par ha pour les grands écartements.
• Surveiller et traiter en préventif les limaces si cela est nécessaire.
• Raisonner l’apport d’azote : mettez en oeuvre Héliotest : la bonne dose d’azote qui permet de produire le nombre de graines suffisant et qui n’affecte pas la teneur en huile.
• Pas d’impasse sur la fumure de fond.
• Attention à la grillure : le tournesol est sensible à la carence en bore.
• Bien prendre en compte le risque de maladies : le choix variétal TPS ou PS est primordial vis-à- vis du phomopsis et du sclérotinia
• Un ou deux tours d’eau peuvent être valorisés et faire gagner 8 quintaux.
• Récolter au bon stade.


A partir de maintenant et jusqu’à la récolte,
il est particulièrement important de soigner les points suivants :

Les apports de bore
Le tournesol est assez exigeant en bore. Le symptôme de la déficience se traduit par une grillure à la base du limbe entre les nervures. On réduit la surface de feuilles vertes nécessaire au remplissage des graines (poids et richesse en huile). En cas de carence grave, on peut observer des crevasses transversales au sommet de la tige. Elles pourront conduire à la rupture du capitule. La perte peut être de 1 à 2 q/ha.

Sur sols argilo calcaires, en rotations courtes, pensez à un apport de bore. Il est encore possible d‘intervenir en végétation (300 à 500 g de bore). Un gain de plusieurs quintaux est à la clé (2 à 10 q pour les cas les plus sévères)

L’irrigation : un ou deux apports d'eau peuvent être valorisés
30 à 100 mm et c’est un gain de 8 quintaux

L'irrigation du tournesol est une pratique trop peu fréquente. Les atouts sont importants (peu de volume requis, calendrier des apports compatibles avec celui des autres cultures irriguées, ...). Lorsqu'on observe un bon équilibre entre l'appareil végétatif et le capitule (pas d'exubérance foliaire), le tournesol peut valoriser un ou deux tours d'eau. On interviendra plutôt en post floraison. Ce sont en moyenne 8 q de mieux et 2 points d'huile en plus : l’occasion d’augmenter la marge de 200 € .

Choisir la date de récolte optimale
Elle intervient quand le dos du capitule vire du jaune au brun et que les feuilles de la base et du milieu de la tige sont sèches. Les feuilles hautes peuvent être encore vertes et les fleurons du capitule tombent d’eux-mêmes. La tige devient beige claire.

Trop tôt : les feuilles médianes de la tige sont encore vertes et le dos du capitule est encore jaune. Récolter à ce stade augmente le taux d’impuretés et les frais de séchage.

Trop tard : les feuilles sont complètement desséchées, le capitule est brun noir et les tiges brunes. Les pertes sont importantes à cause de la verse et de l’égrenage par le vent ou les oiseaux. La richesse en acide oléique de l’huile peut être affectée par les températures basses.
Un approfondissement de ces points-clés est disponible sous forme de fiches sur www.cetiom.fr

Des agriculteurs témoignent
Christian CHARLES,
agriculteur à La Vergne près de Saint Jean d’Angély (17)


« J’exploite seul 172 hectares sur terres de groies à réserve utile moyenne de l’ordre de 70 mm et je dois systématiquement avoir recours à l’irrigation pour mes cultures d’été.
Depuis maintenant 3 ans, j’ai fortement augmenté ma surface en tournesol irrigué, principalement pour réduire mon temps de travail et mieux gérer ma réserve d’eau. En 2007, j’ai semé 48 hectares de tournesol, mais sur une année moyenne je suis plutôt sur 30 à 35 hectares. J’obtiens un rendement moyen de 36 quintaux/hectare ces trois dernières années avec des irrigations de 100 à 120 mm en 3 ou 4 apports.

Mes charges de culture sont de 250 € /ha auxquelles il faut ajouter 45 € pour l’irrigation.
Cette année, j’ai semé toute ma surface en variété oléique pour mieux valoriser ma production que je pense vendre sur la base de 230 € /tonne. Dans ces conditions, et sur la base du rendement moyen de ces dernières années, je pense obtenir une marge brute de 533 € /ha auxquels il faut bien sûr ajouter les DPU. Je vais par ailleurs contractualiser le maximum en industriel pour bénéficier de la prime ACE de 45 € /ha.

Globalement, en faisant plus de tournesol irrigué avec la mise en oeuvre des DPU, le différentiel de prime avec le maïs irrigué est fortement réduit et les rendements que j’obtiens me procurent une bonne marge. C’est aussi dans mon cas une forte diminution de mon temps de travail. »
 
Emmanuel PUAUD,
agriculteur dans les Deux Sèvres (79) exploite 100 ha de limons et d’argilo-calcaire


« Je cultive du tournesol depuis 9 ans c’est une culture indispensable dans ma rotation car elle
valorise bien mes sols et prépare bien la céréale suivante.
Surfaces semées en tournesol : 15 ha en 2007, 25 ha en 2006 dont 20 ha en sec et 5 ha en irrigué.

En culture en sec, le principal atout du tournesol est la facilité de conduite de la culture, qui malgré tout me procure une marge intéressante car en raisonnant bien mes intrants j’arrive à limiter mes charges opérationnellesà 150 - 160 € par ha. Avec un rendement moyen compris entre 24 et 27 quintaux/hectare selon la pluviométrie estivale, le tournesol me procure une marge brute de 400 à 500 euros en moyenne, ce qui est correct, compte tenu du peu de temps nécessaire à la culture.

En irrigué, la conduite est différente. Je sème plus dense et avec 2 à 3 tours d’eau, la moyenne monte à 30-35 quintaux/hectare, ce qui en fait une culture très rentable.
A l’avenir, en fonction des cours des graines, il est probable que l’irrigation du tournesol se développera car cette plante valorise bien de faibles apports d’eau. »